On ne rit pas parce que c’est drôle, c’est drôle parce qu’on rit.»

-Yvon Deschamps

*Luc courdon et Matthieu Bouchard - Yvon Deschamps

Cinéastes de talent, Luc Bourdon et Matthieu Bouchard ont combiné leurs expériences pour créer Yvon Deschamps. Luc Bourdon est l'une des figures de l'art vidéographique au Québec. Passioné pour l'histoire, la culture et la faculté de la mémoire, il signe en 2008, à l'Office national du film du Canada, La mémoire des anges, une remarquable fresque d'extraits d'archives sur Montréal. Spécialiste du montage, Matthieu Bouchard, de son côté, met son art au service de productions très variées : fictions, vidéoclips, courts métrages, etc. Ensemble, les réalisateurs rendent un hommage vibrant au grand humoriste.

Yvon Deschamps

Prix de la réalisation artistique 2011 (Théâtre)

Monologuiste

Yvon Deschamps est l’un des humoristes les plus remarquables et influents au Québec. Réputé pour ses monologues satiriques, il a offert à la province un miroir de sa société durant la Révolution tranquille et les années qui suivirent. Ses monologues à la fois subversifs et profonds abordent des sujets aussi variés que l’argent, le bonheur, le racisme, les médias, la religion catholique, le féminisme, la santé mentale et la solitude. Son écriture est novatrice, hilarante, politiquement engagée et provocante, et son style original et décapant a ouvert la voie à une nouvelle tradition d’humour francophone qui jusqu’à ce jour se perpétue.

Né en 1935 à Montréal, Yvon Deschamps abandonne l’école en 11e année. Il décroche un emploi comme messager à Radio-Canada où il se découvre une passion pour les arts du spectacle. Il étudie ensuite le théâtre avec François Rozet et Paul Buissonneau et, en 1959, se joint à La Roulotte, un théâtre mobile pour enfants. En 1964, il fonde le Théâtre de Quat’Sous à Montréal avec Paul Buissonneau, Claude Léveillée et Jean‑Louis Millette.

En 1968, il produit avec Robert Charlebois et Louise Forestier L’Osstidcho, une revue musicale irrévérencieuse qui va révolutionner le monde du spectacle québécois. Son tout premier monologue, Les unions, qu’ossa donne?, en fait d’ailleurs partie. « Cette aventure a changé ma vie, affirme-t-il. Deux jours avant, je n’aurais jamais eu l’idée de faire de l’humour. Depuis, je ne fais que ça! »

À la suite de ce succès retentissant, sa carrière démarre en trombe. Il multipliera les spectacles dansdes salles prestigieuses, notamment à la Place des Arts à Montréal où il a offert plus de 500 représentations. De 1985 à 1989, il a animé Samedi de rire, une émission de variétés diffusée à la télévision de Radio-Canada.

Après avoir offert une prestation spéciale au Festival Juste pour rire 2009, il décide de prendre sa retraite en 2010. Très engagé au sein de la collectivité, il soutient de nombreuses causes, dont OXFAM Québec; le Chaînon, une maison d’hébergement pour femmes; la Fondation Yvon Deschamps qui vient en aide aux personnes handicapées physiques et mentales; la Fondation du Centre hospitalier de l’Université de Montréal; et l’Association sportive et communautaire du Centre-Sud.

Chevalier de l’Ordre national du Québec (2001) et Grand Montréalais (2010), Yvon Deschamps a remporté plusieurs prix et distinctions dont le titre de Personnalité artistique de l’année La Presse (1994). Son nom a également été ajouté au dictionnaire Larousse en 2005.